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Déc 1, 2015

La tête et les jambes

23 ans et déjà auréolée d’un titre de double championne d’Europe en relais sur 400 mètres, Agnès Raharolahy envisage déjà une reconversion derrière un bureau d’école. Mais avant, il y a Rio et ses Jeux.

Chez les Raharolahy, le sport, c’est avant tout une histoire de famille. La mère, professeur des écoles, aura elle-même initié et donné des cours de gym à chacun de ses cinq enfants. Mais à 16 ans, Agnès choisit de troquer son tapis pour la piste d’athlétisme. Un décor qu’elle ne quittera plus. Au point d’y passer 12 heures par semaine aujourd’hui. Sa spécialité ? Le 400 mètres. En individuel et en relais. Et à l’heure de faire un premier bilan sur un palmarès déjà bien garni, la Française d’origine malgache avoue être « perdue dans les dates ». C’est que tout est allé bien vite pour celle qui remporte son premier titre au Championnat de France Junior la même année qu’elle décroche son Bac L au Loquidy à Nantes. Direction la fac et une licence en langues. « Je suis consciente que le sport ne va pas durer toute la vie et qu’il faut déjà préparer l’après ». L’après passe par s’entraîner tard et seule avec son coach. « Je n’ai jamais eu d’aménagement d’emploi du temps à l’université. Mon entraîneur s’est adapté à mes horaires ». Un travail qui paie sur la piste, mais pas dans les poches. « Il n’y a que des mecs comme Christophe Lemaitre et Renaud Lavillenie qui gagnent leur vie en tant qu’athlète. J’ai une bourse de la région et je suis à la recherche d’un sponsor pour être plus à l’aise ». Première sélection nationale avec les seniors en 2013 aux Jeux Méditerranéens en Turquie et une troisième place en individuelle. « J’ai senti que je rentrais dans quelque chose de vraiment sérieux. J’étais avec des gens que j’avais l’habitude de regarder à la télé ! ». Cela ne l’empêche pas d’obtenir sa licence et de filer vers un master de l’enseignement « pour devenir professeur des écoles dans le primaire. Cette idée m’est venue au fur et à mesure. Le lien est vite fait avec ma mère ». Dans la foulée, Agnès engrange les titres avec les espoirs pour mieux retrouver les grands et faire partie du groupe double champion d’Europe en relais 400m à Zurich en 2014 et à Prague cet été. Des déplacements qui l’empêchent de passer le concours de l’enseignement pour le moment. Mais ce n’est que partie remise. « Cette année, je repasse seulement mon mémoire. J’ai décidé de ne pas passer le concours pour préparer les Jeux tranquillement. Tant que je perfe, je privilégie le sport ». Une mission de taille qui n’intimide aucunement cette athlète à la tête bien sur les épaules.

Le 1er décembre 2015

Par Ismaël Martin
Photo Gregg Bréhin
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