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Jan 13, 2016

Alexandre Joulia

Ondes positives

À 47 ans, Alexandre Joulia est un pilier de la Maison de la Radio. Et tous les jours, au départ de la gare de Nantes, le Directeur adjoint et directeur artistique et des moyens de production de France Info explose sa carte Grand Voyageur pour retrouver son univers hertzien.

Début des années 80, près de Bourges. C’est dans l’arrière boutique d’un disquaire qu’Alexandre Joulia, 13 ans, passe pour la première fois à l’antenne d’une radio libre associative pour y présenter un album en 30 minutes chrono. « Avoir le sentiment que la terre entière t’écoute, c’est assez troublant. Mon premier mot à la radio aura été merde ! ».
De Polnareff à Depeche Mode, dont il s’inspirera pour refaire récemment l’habillage de France Info, cette expérience précoce le conduit, à l’aube des années 90, à frapper à la porte de Radio France pour un stage.
Bonne pioche pour la maison ronde. Le gamin touche-à-tout plaît, fait ses gammes dans les studios de montage et accède rapidement à l’Atelier de création de France Culture. « J’ai vite obtenu un CDI de réalisateur radio, une sorte de chef d’orchestre devant tout anticiper ».
Aujourd’hui, après plus de 25 ans de carrière à jongler entre les différentes ondes du service public, celui qui a installé Le Pont des artistes comme référence défricheuse de talents musicaux, réalisé Marc-Olivier Fogiel, encadré André Manoukian ou encore lancé Guillaume Gallienne, ne sait plus dans quel ordre évoquer les émissions qui portent sa griffe tant elles sont nombreuses. Pourtant, une année sort du lot. Sûrement par orgueil. 1996 ou celle de son prix Italia, équivalent d’une Palme d’or radiophonique, reçu pour son documentaire Femmes d’Algérie.
Mais voilà, c’est « après avoir habité à 400 mètres de la radio et avoir été corps et âme à la merci de son métier », que le Berrichon s’installe à Nantes. « Ici je me sens plus au contact d’auditeurs que de gens qui font la radio. J’ai senti dans cette ville un esprit culturel vif où il y a toujours de l’idée, quelque chose qui ose. Prendre le train me procure un sentiment de légèreté et me donne l’impression de gagner du temps ».
Un changement de ligne de vie qui pousse cet épicurien de l’art à relever un nouveau challenge: « Depuis peu, avec ma compagne, nous avons lancé Black Wolf Music, notre label de musique regroupant un petit univers d’artistes purs et très élégants. Je voulais revenir à tout ce qui me touche personnellement. J’aime être un passeur. Et la radio, c’est avant tout la transmission ». Sans grésillement, toujours sur la bonne fréquence.

Le 13 janvier 2016

Par Ismaël Martin
Photo Gregg Bréhin
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