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Oct 20, 2016

Aude Saucey

Montrer la voix

Traductrice audiovisuelle, Aude Saucey transpose de l’anglais au français, les voix-off qui animent les documentaires en tout genre proliférant sur les chaînes de la TNT.

« J’aimais l’anglais, j’avais un grand-père interprète ; alors peut être qu’il m’a donné envie d’expliquer la langue anglaise ». Après un parcours en fac de langues irréprochable et six années d’expériences en traduction pour des sociétés de post-production, l’idée a déjà bien fait son chemin. L’idiome le plus parlé au monde fait désormais office de gagne-pain pour celle qui, en septembre 2008 à Brest, empochait un Master 2 professionnel en rédaction-traduction.
« Après mon diplôme, je ne me sentais pas de m’attaquer à des bouquins. Je voulais un média vivant. Dans un livre, l’interprétation est beaucoup moins cadrée, tu peux plus facilement te fourvoyer ». Voilà alors ce petit bout de femme, aussi réservée que passionnée, embarquer pour un stage de traductrice voice-over chez Cinekita, « l’un des premiers maillons de la chaîne », à la capitale. « Paris, c’était pas mon truc. À la fin de mon stage, je suis rentrée à Nantes. Je savais qu’il m’était possible de travailler à distance. Le métier de traducteur est essentiellement solitaire ». Aude Saucey s’aménage alors un bureau chez elle et son ordinateur voit défiler les scripts et les vidéos en langue originale d’émissions aussi variées que Hippo vs Lion, Cauchemar en cuisine, My crazy ex ou encore Jail : destination prison. « Je peux passer d’un docu sur le voyage à un truc médical ».
Payée à la minute de programme, la traductrice audiovisuelle dégage tout de même des préférences pour certains domaines : « l’animalier notamment, pour sa narration très ponctuelle, reste plus rentable que les séries américaines où les gens se parlent les uns sur les autres ». Les scénarios fournis étant généralement assez approximatifs, « il faut souvent se baser sur notre oreille et donc être très vigilant ». Considérée comme auteur, Aude Saucey dépeint son job comme « finalement très abstrait. On ne croise pas les gens et on est notre propre juge. Cela peut aussi être frustrant, on entend la langue mais on ne la parle pas tant ».
Alors lorsqu’il s’agit de se détacher de sa routine casanière, rien de tel que de se faire une toile du côté du Katorza. En loisir comme pour le boulot d’ailleurs, puisqu’elle y est invitée, depuis quatre ans, pour la traduction des longs-métrages en langue anglaise, non exploités en France et programmés au festival Cinépride. Une échappée grand écran que cette amatrice « de l’accent et du style propre à la culture britannique », en opposition à l’école US, dévore avec un appétit et un enthousiasme non dissimulés au milieu des MTV, Discovery Channel et autres W9.

Le 20 octobre 2016

Par Ismaël Martin
Photo Gregg Bréhin
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