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Juil 21, 2016

Ben Boré

#BigBen

À 34 ans, Benjamin Boré et ses associés de RAUM ont déjà gagné deux prix prestigieux et laissé leur marque à Nantes en construisant le nouveau Conservatoire. DJ, sérigraphe, architecte et scénographe, confessions d’un hyperactif.

Benjamin est un garçon discret. Sans ses tatouages qui fleurissent sur ses bras au fil des saisons, le gendre idéal. Si l’architecture moderne véhicule une image lisse et un peu froide, RAUM instille la vie dans le béton, sans ostentation, à l’image de la très belle vidéo présentant le nouveau bâtiment du Conservatoire de Nantes, leur dernière œuvre. L’agence d’architectes fait office d’ovni dans le milieu : s’affichant comme transdisciplinaire et lorgnant vers l’art contemporain, le local réaménagé il y a deux ans quartier des Olivettes est surtout connu comme « un lieu où on peut faire la fête et où on peut faire des concerts ».
Né dans le Val-de-Marne, Benjamin habite à Nantes depuis le début de ses études. Parti vivre deux ans à Bruxelles, puis revenu, il se verrait bien quitter à nouveau cette ville qu’il trouve un peu petite. « Je ne suis pas sûr que je serai architecte toute ma vie… Je pense qu’il faudrait que je fasse plus de choix, pour faire les choses plus sérieusement. » Perfectionniste ?
Rien d’étonnant de la part du garçon qui s’embarque à 22 ans dans des études d’architecture sans vraiment savoir ce qui l’attend, tout en multipliant les pratiques artistiques en parallèle, au gré des rencontres et des opportunités. Affiches sérigraphiées pour les concerts qu’il organise, création d’un label pour produire les albums des copains, expositions… « Si je fais plein de trucs à côté, c’est parce que j’en ai besoin. Je ne pourrais pas ne faire que mon taf officiel. Il faut que je trouve un équilibre entre ce que je fais et ce que j’ai envie de faire. » Mais pour jongler entre des plannings surchargés et assumer toutes ses responsabilités, il faut faire preuve d’assurance, et ne pas beaucoup dormir. « Quand tu mixes jusqu’à quatre du mat’, c’est compliqué le lendemain d’être sur un chantier ou en réunion avec des promoteurs. Ça arrive encore qu’on me prenne pour le stagiaire, avec mon sweat à capuche et mes baskets, mais si tu es sérieux les gens s’en foutent. Je trouve ça marrant d’être dans cet entre-deux, mais parfois c’est inconfortable, je ne me sens pas à ma place. »
Benjamin ne veut renoncer à rien, afin de se laisser toutes les possibilités. Professionnel intransigeant au sein d’une agence qui cherche constamment à expérimenter, il avoue s’acheter du matériel de musique qu’il n’a pas le temps d’utiliser. Finalement, faire sortir de terre un bâtiment comme faire danser les foules, c’est avoir un certain pouvoir.

Le 21 juillet 2016

Par Marion Le Nevet
Photo Gregg Bréhin
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