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Oct 13, 2015

François de Rugy

Le combat ordinaire

François de Rugy est un « Français moyen ». Pourtant, le député de Loire-Atlantique a sorti cet été Écologie ou gauchisme : il faut choisir, vient de lancer son parti, Écologistes !, et roule en Golf GTE. Alors, vraiment moyen ? Pas sûr.

Au téléphone, Françoise Le Déan, sa chargée de la communication, nous grille direct : « vous voulez savoir qui se cache derrière la bête ? ». Cette bête qui vient de claquer la porte d’Europe Écologie Les Verts pour lancer son parti « avec un point d’exclamation. Même si en tant qu’homme politique, ce n’est pas vu comme ainsi ; je suis un Français comme les autres, un Français moyen. Au fil des années, les choses n’ont pas tellement changé : l’homme politique serait un peu un surhomme, tendu vers l’exercice du pouvoir, et pour qui, tout le reste n’existerait pas ».
« Ni riche, ni pauvre », parents enseignants, François de Rugy fait son entrée dans l’arène à 27 ans en tant qu’adjoint de Jean-Marc Ayrault en charge des transports, et est élu député à 33 ans. Depuis son engagement en politique, il colle à la ligne verte. « Je le dois à mes parents qui m’ont éveillé à cela ».
Aujourd’hui, ce « fondamentalement optimiste » s’est donné une mission : « remettre les questions écologistes sur le dessus de la pile. Car il y a toujours de “bonnes raisons” pour les remettre au lendemain ». Et ce lendemain, c’est la COP21. « Elle risque de créer des déceptions. J’espère que nous allons être capables de tracer des perspectives positives. Mais, ceux qui pensent, qu’en une conférence mondiale nous allons tout débloquer, sont des illusionnistes ou des menteurs ».
Installé à son petit bureau de la rue Paul Bellamy sur lequel on trouve pêle-mêle un sous-bock Tri Yan, l’encyclique du Pape François, Loué sois-tu, un badge Non à Notre Dame des landes ou encore un courrier à en-tête Volkswagen, François de Rugy ne pratique pas la langue de bois. « Il a toujours plusieurs coups d’avance », nous confiait Françoise Le Déan avant la rencontre. Son prochain coup, il ne parle même pas de présidentielles, ce sont les législatives de 2017 : « Si je ne les remporte pas, je ne dis pas que ça serait une chance, mais ça sera surtout l’obligation pour moi de faire autre chose ». Un vrai métier ? « Non, car homme politique, c’est un travail avec du boulot dedans. Mais toute l’expérience emmagasinée pendant ces années d’engagement serait utile ailleurs ». Mais François de Rugy n’en est pas là. Son nouveau combat vert, « authentiquement écologique et profondément réformateur», ne fait que commencer. Point d’exclamation.

Le 13 octobre 2015

Par Arnaud Bénureau
Photo Gregg Bréhin

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