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Jan 4, 2017

Hamza Zenaidi

Plus qu’un club

Enfant de la balle et de Malakoff, Hamza Zenaidi est le président du Nantes Bela Futsal où les valeurs sportives et citoyennes se partagent la même chasuble et où la tactique défendue est celle du pas de quartier pour les clichés.

À quelques kilomètres près, elle aurait été normale. Mais non. À Malakoff, la présidence de Hamza Zenaidi est tout-terrain. « À Carquefou ou à Saint-Sébastien, il aurait été uniquement question de sport. Ici, le club est un prétexte à la mixité sociale, à la réussite sociale, à l’intégration ». En ce sens, le Nantes Bela Futsal né en 2006 représente plus qu’un club. Et au regard de son implantation, il cristallise aussi bien des fantasmes. Dont celui de licenciés à qui l’on voudrait faire enfiler la chasuble de racailles. Raté. Loupé. Au-dessus. En même temps, le club présidé par ce jeune père de famille de 33 ans a fait les gros titres. Mais malheureusement pas dans les bonnes colonnes. « La presse aime le sensationnel, explique, clairvoyant, l’ancien attaquant aujourd’hui père de famille. Personne ne m’appelle lorsque nous avons des bons résultats ». Mais quand le match contre le C’West Futsal de Bellevue part en sucette aux abords du Palais des sports de Beaulieu, le répondeur de son téléphone affiche complet. « Ça m’attriste plus que ça ne m’agace ; car depuis le temps, je sais comment le monde tourne ». Pas aussi rond qu’un ballon de futsal. Un ballon de futsal à ne surtout pas confondre avec celui de foot en salle. « Le foot en salle est plus sauvage. Il n’y a pas du tout de règle à l’exception de celle de jouer et marquer. À l’inverse du futsal qui est un sport très codifié : aucun contact, pas de tacles, un ballon qui ne rebondit pas… Ce n’est pas pour les bourrins ». Et c’est ouvert aux femmes comme au Bela Futsal. Lorsque Hamza Zenaidi nous parle de la section féminine de son club, on ne relève même pas. Et pourtant, là encore, on déborde à vitesse grand V de l’aire de jeu. « Avec les féminines, nous ne sommes pas dans la compétition. Mais dans une approche pour que les filles se réapproprient certains lieux ». Dans ce soucis constant d’ouverture au plus grand nombre, le club envisage pour le printemps prochain d’installer une structure gonflable place Rosa Parks, c’est-à-dire en plein dans le poumon du quartier. « Pour que tout le monde puisse venir taper dans le ballon ». Les bons, les nuls, les mecs, les filles, les petits durs, les grands frères… Ces derniers sont essentiels. Non pas en tant que garde-chiourme, mais pour leur rôle de guide. « Moi-même dans ma vie, j’ai fait des rencontres m’ayant permis de m’orienter. À 20 ans, le monde du travail m’était fermé et j’ai rencontré Massoud, animateur de l’Accoord, et Ali Rebouh alors qu’il n’était pas encore élu… ». On le coupe. Massoud comment ? « Écris juste Massoud. Tout le monde le connaît ». Pareil pour le président. Dans quelques années, lorsque vous entendrez parler de Hamza ; ne demandez surtout pas : « Hamza qui ? ». Pensez juste au petit gars de Malakoff devenu grand et qui porte haut les couleurs de Nantes bien au-delà de son quartier. « À l’extérieur, on n’est pas le club de Malakoff ; mais une équipe nantaise ». Une nouvelle victoire à l’actif de son club. Et pas des moindres !

Le 5 janvier 2017

Par Arnaud Bénureau
Photo Gregg Bréhin

http://nantesbelafutsal.com

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