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Oct 13, 2015

Jonathan Marinier

Doux punk

Depuis maintenant plus de 20 ans, Jonathan Marinier fait parler sa créativité dans la culture punk. Et pas question pour lui de commencer à démarcher.

Jo, 34 ans et Nantais depuis 2 ans, a des projets pleins les poches et la bougeotte artistique. Cet autodidacte accompli a 13 ans lorsqu’il commence à gribouiller dans le bar de ses parents à Agen. « J’ai toujours été calme et timide. C’était pour moi une façon de m’isoler». Initié par son grand-frère, il baigne rapidement dans le milieu de la BD indé des Julie Doucet et Charles Burns. L’amateur de skate et de punk se met à dessiner pour des fanzines musicaux. « Le milieu de l’époque était un petit réseau. Tout se passait par courrier ». À 14 ans, pour sa première publication – la pochette d’un 45 tours de hardcore – il lui faut dégainer une signature. « Sur la couverture d’un fanzine punk de l’époque, un type que j’aimais bien portait un pull sur lequel était marqué Cool Jo. » Plus tard, Jonathan y ajoutera le LL rappelant le « Ladies Love » du rap américain.
Influencé par l’esthétique punk hardcore, le graffiti cheap brésilien ou l’art mexicain, LL Cool Jo dessine et peint « un mix de graffiti comics assez dark » qu’il expose sur invitation à travers l’Europe. En 2009, après une expo réussie au Danemark, un livre compilant ses dessins est imprimé chez un éditeur belge. « C’est là où je me suis dit que j’allais faire ça de ma vie ».
Une année à Bruxelles plus tard, il découvre la pyrogravure. « J’ai testé par hasard le pyrograveur que l’on venait de m’offrir sur des photos récupérées au marché aux puces. J’ai toujours été attiré par la typographie ». Aujourd’hui, ces photos oubliées des années 70 à 90 qu’il s’amuse à détourner avec un humour bête et méchant sont son gagne-pain. « Tous les deux mois, je mets en vente une série sur Facebook ».
Dans la musique comme dans le dessin, le garçon est guidé par sa curiosité et son envie de collaborer avec des personnes très différentes : batteur pour le grindcore des Toulousains de Tekken – une cinquantaine de disques en moins de 10 ans ! -, initiateur, DA et musicien au sein de Strasbourg, « un groupe de coldwave bruitiste », membre actif de la dansante Françoise Pagan, boss du label plus ou moins électronique Maison Acid où Jo signe des artistes qu’il apprécie… La liste est aussi longue que ses bras sont tatoués. Il paraîtrait même que cet infatigable aspire à rencontrer encore beaucoup de gens. Ça promet !

Le 13 octobre 2015

Par Ismaël Martin
Photo Gregg Bréhin

http://toooldtoocold.blogspot.fr/
https://www.flickr.com/photos/llcooljo/

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