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Nov 2, 2015

Olfat Malak

Cellule grise

Libanaise pour toujours et Nantaise depuis à peine plus de 2 ans, Olfat Malak, doctorante de 25 ans, vient de recevoir le prix de la Fondation Line Pomaret-Delalande encourageant la recherche sur les maladies rares.

France, 16 septembre 2013. Celle qui n’a jamais quitté son Liban atterrit à Paris-Charles-de-Gaulle, loupe le TGV initialement prévu, ne conçoit pas de rester la nuit sur place, panique à peine, rejoint Montparnasse avec ses 100 kilos de bagages et ses 3 grandes valises, monte à l’arrache dans le dernier train pour Nantes et craque. Avec le sourire.
Dans une comédie romantique lambda, Olfat foncerait tête baissée vivre sa love story. Sauf que dans sa vraie vie remplit à ras bord de datas et microscopes, la jeune femme ne court pas après son boyfriend, mais après sa thèse à l’intitulé forcément hardcore : « Nouvelle approche thérapeutique des canalopathies cardiaques et vasculaire ». Ou l’étude du « dysfonctionnement de telle ou telle protéine pouvant aboutir à une maladie rare ». En l’occurrence le syndrome de QT long qui, dans sa forme la plus grave, entraîne la mort subite.
Comment, au cœur de cette fourmilière silencieuse qu’est l’institut du thorax du CHU de Nantes, cette cadette d’une famille de 9 enfants s’est retrouvée à plonger corps et âme dans un bain quotidien de cellules ? « À cause de papa. Il a fait deux crises cardiaques et a du subir autant d’opérations à cœur ouvert. Après, je ne suis pas là pour lui trouver une solution. Je ne suis pas médecin ». Mais une doctorante qui vient de se voir attribuer plus de 90 000 euros par la Fondation Line Pomaret-Delalande. « À la base, je suis quelqu’un de motivée. Les résultats de mes recherches sont intéressants. Mais il faut que je réussisse. Via mon travail, il faut que je fasse encore plus d’efforts pour dire merci ».
Et question effort, Olfat Malak ne fait pas semblant, mais pour autant hésite à annoncer la couleur. De peur que nous pensions qu’elle soit « une malade. Une grosse journée pour moi ? C’est de 8h30 à minuit » dans un bureau aussi grand qu’un cagibi. Non, la doctorante est simplement passionnée, patiente, passionnante… Et souriante. Comme au premier jour du reste de sa nouvelle vie nantaise.

Le 2 novembre 2015

Par Arnaud Bénureau
Photo Gregg Bréhin

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